Avec Quentin qui je vous le rappel est un collègue avec qui je travaille sur un forum et qui est le fondateur de l'association communautaire de "enfermes-dehors.org, nous avons écrit un article ensemble sur "De quoi manque les SDF". Cette article est aussi sur le blog de Quentin http://www.adhaine.org
De quoi manque une personne sans logis ?
La réponse du personnel engagé sur le terrain est parfois déconcertante : il manque d'affection. oui, mais encore : d'un logement, de relation, de pouvoir, d'argent, non ? Dire bonjour à un homme qui dort à la rue ne changera pas sa condition de vie.
La chaleur humaine ne nourrit pas. Sans argent, sans revenus, sans logement, le bonjour ne suffit pas. S'il est mieux que rien il n'est rien face au manque de l'essentiel.
L'humanisme charitable ne règle pas un problème qui prend racine dans les constructions mêmes de notre société néolibérale
C'est clair qu'un
bonjour est toujours agréable quand on est SDF, mais un bien matériel à beaucoup plus de valeur, comme dit dans la citation du livre SDF, critique du prêt à penser, de D. TERROLLE, la chaleur
humaine ne nourrit pas, tant qu'on ne possède pas d'argent ou de bien matériel on ne changera pas les conditions de vie d'un sans abris, et la on peut venir à penser aux aides qu'on à la chance
d'avoir en France des aides sociales, comme le RMI, l'AAH (facilement obtenable en étant SDF et en ayant un bon psy et une bonne AS)
Pour vivre il faut avoir un endroit ou dormir, de l'argent, donc du matériel, mais dans notre système ce matériel est un pouvoir, le pouvoir d'achat, c'est clair non ?
Et après on veut chasser les SDF qui font la manche devant les magasins et les banques, si on ne se fesait pas nos quelques euros de manche de la journée il y'a plein de trucs qu'on ne pourrait
pas faire, enfin des trucs qu'une personne lambda peut faire sans problème.
C'est clair qu'il y'a les associations et qu'on peu facilement se nourrir en étant marginal, mais aller boire un coup, s'offrir un livre ou un magasine, acheter des clopes et assez d'alcool pour
pouvoir passer une soirée dans la rue (et je peux vous assurer qu'il en faut en quantité).
Donc en france le SDF n'a qu'un moyens d'avoir ce "pouvoir" : trouver de l'argent, soit en utilisant le système social, soit en fesant la manche, soit en dealant ou en volant et toujours en
prenant des risques, je ne sais pas si vous savez mais on peut prendre une amende pour mendicité (pire, une fois j'en ai eu une pour "occupation prolongée de la rue")
Pour résumer, je pense que le mot « sans » n’est pas des plus appropriés. J’utiliserais davantage le terme « rien » qui est plus à même de décrire leur situation. En effet, hormis leur(s) sac(s), celui même qui contient tout les fardeaux de cette vie sadique, qu’ont-ils ? Rien ! Ce sac c’est tout leur passé, leur présent et peut être même leur futur. On peut même aller plus loin en affirmant que certains n’attendent plus rien de la société, de la vie, d’eux-mêmes… Alors, à la question « De quoi manquent les SDF ? », je répondrais « De tout ! » Qu’il s’agisse d’amour, d’affection, de travail, de situation stable, de nourriture, d’argent, de passé, présent et futur, d’aides, de bonheur, de chance, d’écoute… et la liste n’en finit pas, au contraire, elle s’allonge à chaque jour passé dans la rue. Pour combler tous ces manques, il serait nécessaire, je dirais même indispensable, dans un premier temps de percer l’abcès sur leur passé, de les connaître personnellement mais surtout de cibler leurs attentes. Ils manquent aussi du droit de pouvoir vivre leur minable vie comme ils le souhaitent. Entouré de contrainte vis-à-vis de la loi et des violences encourues dans la rue, ils n’ont rien et n’ont même pas le droit d’exprimer leur colère sans avoir le risque d’être interné en psychiatrie sous prétexte qu’ils seraient nuisibles à la société.